La Proposition de règlement COM(2025) 780 final porte, entre autres aspects, sur les questions relatives au régime détiquetage des produits biologiques importés. La proposition visant à actualiser le Règlement (UE) 2018/848 sur la production et létiquetage des produits biologiques traite des aspects liés à la production, à la certification et au contrôle, en consacrant la majeure partie des modifications à létiquetage, notamment en ce qui concerne lutilisation du logo biologique de lUnion européenne et des termes « eco », « bio » ou « organic ».
Il sagit dune proposition qui répond à la fois à la
jurisprudence récente de la Cour de justice de lUnion européenne (CJUE) et à la nécessité de
renforcer la confiance des consommateurs, de garantir une
concurrence loyale et déviter des perturbations dans le commerce international des produits biologiques.
Larrêt C-240/23 (Herbaria Kräuterparadies II) constitue le déclencheur juridique de cette réforme, puisquil a conclu que, selon la rédaction actuelle du règlement (UE) 2018/848,
les produits importés sous le régime déquivalence ne peuvent ni utiliser le logo biologique de lUE ni, en principe, les termes faisant référence à la production biologique.
Cette interprétation stricte a généré une
insécurité juridique significative, tant pour les opérateurs que pour les autorités compétentes, et a mis en évidence le risque de:
- confusion des consommateurs,
- distorsion de la concurrence entre les produits biologiques de lUE et ceux des pays tiers,
- et blocages commerciaux, notamment compte tenu du fait que de nombreux systèmes de production reconnus comme équivalents exigent légalement lutilisation de termes biologiques sur létiquetage.
En ce qui concerne l
utilisation des termes biologiques, la proposition clarifiera
larticle 30 du règlement (UE) 2018/848 afin détablir définitivement quand les termes « eco », « bio », « organic » et leurs dérivés peuvent être utilisés.
À la suite de cette modification:
- Lutilisation de termes faisant référence à la production biologique est expressément autorisée pour:
- les produits qui respectent pleinement le règlement (UE) 2018/848;
- les produits importés de pays tiers dont le système de production et de contrôle a été reconnu comme équivalent, conformément à larticle 45.1.b (ii) et (iii).
- Linterdiction dutiliser ces termes est maintenue pour les produits qui ne respectent aucun de ces régimes.
La proposition facilitera la connexion entre la législation de lUE et
les directives du Codex Alimentarius (CAC/GL 32/1999) relatives aux aliments produits biologiquement et les réglementations nationales des pays tiers, évitant que des produits légalement « biologiques » à lorigine soient privés de toute référence à leur méthode de production sur le marché de lUE.
Redéfinition de lutilisation du logo biologique de lUnion européenne. Lélément central de la proposition réside dans le
remplacement intégral de larticle 33, redéfinissant ainsi le rôle du
logo biologique de lUE (la « Eurofeuille »).
Un système échelonné dutilisation du logo. Il est proposé que le logo de lUE cesse dêtre un symbole générique déquivalence et fonctionne désormais comme un
sceau dalignement sur les standards structurels du modèle biologique de lUE.
Il pourra être utilisé:
- Sans restrictions, sur les produits biologiques produits dans lUE conformément aux chapitres II, III et IV du règlement.
- Produits importés sous équivalence, uniquement si ils respectent également des exigences supplémentaires de production et de contrôle, prévues dans la nouvelle annexe VII.
- Produits transformés dans lUE incorporant des ingrédients équivalents:
- lorsque ceux-ci représentent ? 5 % des ingrédients agricoles, ou
- lorsquils dépassent 5 %, à condition que ces ingrédients respectent les exigences supplémentaires de lannexe VII.
- À des fins éducatives ou informatives, pour autant que cela ne soit pas trompeur.
Il ne pourra pas être utilisé:
- sur les produits « en conversion »;
- sur certains aliments transformés définis à larticle 30.5;
- sur des produits de lUE contenant plus de 5 % dingrédients équivalents qui ne respectent pas les exigences supplémentaires.
La proposition introduit une
nouvelle annexe VII, qui définit une liste fermée dexigences techniques du règlement (UE) 2018/848 que les produits importés devront respecter pour pouvoir utiliser le logo de lUE. Ces exigences sont associées aux
éléments structurels du modèle biologique de lUE, notamment:
- des systèmes de production végétale fondés sur le concept de sol vivant;
- des normes renforcées de bien-être animal;
- des méthodes de transformation avec un usage minimal dintrants artificiels.
Utilisation obligatoire du logo sur les denrées biologiques préemballées produites dans lUE
Une modification pertinente est également introduite à l
article 32, concernant le caractère obligatoire du logo sur les denrées biologiques préemballées produites dans lUE.
Le logo
ne sera pas obligatoire lorsque:
- le produit contient plus de 5 % dingrédients agricoles importés sous équivalence, et
- ces ingrédients ne respectent pas les exigences de la nouvelle annexe VII.
Cette exception évite des incohérences réglementaires et protège la valeur du logo de lUE en tant quindicateur de conformité renforcée.
Un autre élément prévu est la prolongation de la période de reconnaissance de léquivalence pour les pays tiers. Bien quil ne sagisse pas strictement dune question détiquetage, la proposition prolonge jusquau
31 décembre 2036 la reconnaissance des pays tiers actuellement considérés comme équivalents.
En
conclusion, il convient de souligner que la proposition de modification du règlement (UE) 2018/848 introduit un
changement conceptuel profond dans létiquetage biologique:
- les termes « eco/bio » sont associés à léquivalence technique;
- le logo biologique de lUE est réservé aux produits qui respectent ou salignent de manière renforcée sur le modèle européen de production biologique.
Par cette approche, la Commission cherche à
protéger la confiance des consommateurs, à apporter une
sécurité juridique au système et à préserver la valeur ajoutée du label biologique européen, sans renoncer à un commerce international fluide.