Dans cet article, nous abordons de manière générale la problématique liée au contrôle des MOSH et MOAH dans les aliments, des contaminants qui seront probablement réglementés par la législation européenne dans moins d’un an. Nous parlons également des actions possibles à entreprendre pour que nos industries et entreprises soient prêtes à ce nouveau cadre réglementaire, des produits qui pourraient être les plus affectés, de la complexité analytique de leur contrôle, ainsi que des actions que nous menons pour soutenir le secteur dans la prévention et le contrôle de ce danger alimentaire.
MOSH et MOAH : Qu’est-ce que c’est ?
La présence des hydrocarbures d’huiles minérales (MOSH et MOAH) dans les aliments est une préoccupation croissante en Europe. Ces composés, dérivés du pétrole, se divisent en deux grands groupes :
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MOSH (Hydrocarbures saturés) : ils s’accumulent dans des organes tels que le foie, la rate et le tissu adipeux. Bien que leurs effets à long terme ne soient pas encore entièrement connus, leur persistance est un motif de surveillance.
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MOAH (Hydrocarbures aromatiques) : en particulier ceux contenant trois anneaux aromatiques ou plus, sont associés à des génotoxicités et à un potentiel cancérogène.
La contamination par ces substances dans les aliments peut se produire à plusieurs points de la chaîne alimentaire et provenir de différentes sources : matériaux en contact avec les aliments, lubrifiants industriels, emballages recyclés, et même la contamination environnementale, ce qui la rend d’autant plus difficile à contrôler. L’EFSA a identifié de nombreuses sources potentielles et a mis à jour son évaluation des risques en 2023.
Concernant les produits affectés, les données récentes montrent que les catégories avec le plus grand nombre de notifications RASFF incluent :
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Graisses et huiles
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Céréales et produits de panification
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Herbes et épices
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Cacao, café et thé

Fig. 1 Sources principales d’exposition alimentaire. Source : EFSA
Cadre réglementaire actuel et futur : Vers une législation stricte pour MOSH et MOAH dans les aliments
Bien qu’il n’existe actuellement pas de cadre législatif spécifique, le principe de précaution s’applique, ainsi que l’obligation générale pour les opérateurs de ne pas mettre sur le marché des produits susceptibles de compromettre la santé du consommateur. Cependant, l’UE applique déjà des seuils d’action harmonisés (LOQ) pour les MOAH dans les contrôles officiels :
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0,5 mg/kg dans les aliments secs à faible teneur en matières grasses
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1 mg/kg dans les aliments à teneur moyenne en matières grasses
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2 mg/kg dans les graisses et huiles
Il convient de souligner que l’Espagne a été à la fois l’origine et la destination de plusieurs alertes RASFF en raison de l’application de ces seuils harmonisés, mettant en évidence la nécessité d’une action proactive de la part des opérateurs alimentaires. Depuis 2021, il y a eu 30 notifications RASFF concernant ces contaminants dans une grande variété de produits distribués en Espagne, ainsi que 9 notifications où l’Espagne était le pays d’origine des produits, principalement dans l’huile de grignons d’olive et l’huile d’olive.
Il est prévu qu’en 2026, une réglementation imposera des limites maximales de résidus (LMR) pour les MOAH, applicables aux matières premières, produits intermédiaires et produits finis. Le 7e projet de règlement inclut déjà des catégories spécifiques telles que l’alimentation infantile, les suppléments et les additifs.
Des techniques analytiques pour le contrôle des MOSH et MOAH dans les aliments
Les techniques analytiques couramment utilisées aujourd’hui (LC-GC-FID) présentent des limites importantes : elles ne permettent pas de différencier les MOSH et MOAH d’origine naturelle, technologique ou contaminante. Cela peut entraîner des surestimations. L’adoption de techniques plus récentes comme la GCxGC-MS-FID permet une caractérisation plus précise et différenciée, et devrait probablement fournir des valeurs plus ajustées à l’avenir.

Fig. 2 Comparaison de la résolution chromatographique : LC-GC-FID vs GCxGC-MS-FID. Source : AINIA
Chez AINIA, nous développons actuellement un projet soutenu par l’IVACE (Institut Valencien de Compétitivité Industrielle) et cofinancé par le Fonds Européen de Développement Régional. Dans ce cadre, nous appliquons des techniques avancées GCxGC-MS-FID pour développer des solutions technologiques permettant de diagnostiquer les points critiques de contamination par MOSH et MOAH dans les aliments, en les distinguant d’autres origines naturelles ou intrinsèques, qui ne devraient pas être considérées comme de la contamination et ne sont donc pas indésirables.
Cela dit, nous sommes également en mesure de fournir des contrôles alimentaires aux entreprises sur demande en utilisant les techniques couramment acceptées LC-GC-FID, répondant ainsi à leurs besoins immédiats.
Actions à mettre en place par les opérateurs alimentaires pour se conformer à la réglementation MOSH et MOAH
Pour se préparer à la nouvelle législation, il est important de prendre en compte que, compte tenu des effets sur la santé associés aux MOAH, le principe ALARA (« aussi bas que raisonnablement possible ») devrait s’appliquer. Cela correspondra probablement aux limites de quantification de la méthode adoptée par le laboratoire européen de référence pour ce type de contaminant.
À notre avis, les actions que les opérateurs devraient mettre en uvre incluent :
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Mettre en place des contrôles analytiques appropriés et mis à jour, afin d’évaluer la qualité de leurs produits à cet égard.
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Revoir leurs processus et matériaux en contact avec les aliments, en cas de déviations par rapport aux limites prévues.
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Évaluer les fournisseurs et matières premières présentant un risque potentiel.
Autres actions de AINIA pour prévenir les risques futurs liés aux MOSH et MOAH dans les aliments
Nous tenons également à souligner notre engagement à créer un Hub d’entreprises hautement engagées en matière de sécurité alimentaire, où nous partageons des informations actualisées sur les risques émergents et les alertes précoces. Cette initiative est menée par SEALI-Hub, un service d’AINIA, avec des membres actuels tels que EROESKI, MERCADONA, CONSUM, HIJOS DE RIVERA (ESTRELLA DE GALICIA), VALLS COMPANYS, FLORETTE, PROFAND et GULLON. Le Hub repose sur cinq piliers :
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Système d’information quotidien sur les alertes précoces
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Rapport trimestriel sur les risques émergents
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Rapport annuel et autres documents d’intérêt
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Accès illimité aux consultations
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Trois événements techniques et de réseautage annuels, exclusifs aux membres
Conclusion : MOSH et MOAH dans les aliments, un défi pour la conformité réglementaire
La problématique de la prévention et du contrôle de la contamination par MOAH, et dans une moindre mesure MOSH, représente un nouveau défi pour les opérateurs alimentaires, qui doivent prendre des mesures pour s’adapter à la législation à venir.
D’autre part, chez AINIA, nous travaillons à perfectionner des méthodes de contrôle avancées qui évitent les surestimations (GCxGC-MS-FID). Parallèlement, nous pouvons déjà fournir aux industries des contrôles alimentaires utilisant les méthodes actuellement acceptées LC-GC-FID, ainsi que des solutions pour rester en permanence à jour sur les risques émergents et les alertes précoces via SEALI-Hub, afin d’aider le secteur à anticiper ce type de situation à l’avenir.
